dimanche 25 septembre 2016

Amarrage

Parlant de Jean-François Baroin et de Laurent Wauquiez, Sarkozy pense détenir un binôme complémentaire. « J’ai ma jambe gauche et ma jambe droite, ce qui me permet d’être central ».

vendredi 23 septembre 2016

Encore faut-il

Il l'aime dans le calme des clapotis. Il l'aimerait jusqu'aux lueurs de l'éternité. La fraîcheur divague au travers de l'espace. Perdu dans l'immensité des éclats. Il sourit aux scintillements. Les mots crissent sur la blancheur ombreuse. Il n'est rien d'autre que le plaisir d'être là. Si proche. Il devine le frémissement. Tout de suite. Pourtant, attendre encore.

mercredi 21 septembre 2016

Analemme

Le soir, (parlons-en du soir, il n'y en toujours que pour le matin). Le soir donc, quand je me couche, dans la main droite, je mets un livre et j'essaye de caser la gauche. Il m'arrive de faire deux choses en même temps. Le livre ouvert, reste à me remettre dedans, à tenter de lancer le préalable que l'on appelle "Précédemment". Une fois replongé dans l'histoire, je me laisse porter et bercer jusqu'au seuil du sommeil que parfois je franchis sans m'en rendre compte. Pendant ma lecture, en plus des personnages, il m'arrive de rencontrer des mots dont j'ignore le sens. Et là, de deux choses l'une, j'aime bien cette expression, soit je m'enquiers du sens du dit mot, soit je passe outre en me disant lâchement que je verrai plus tard. Autant vous dire, qu'à chaque fois le dictionnaire reste fermé. Jamais l'idée ne m'est venue de déposer un dictionnaire à côté du lit. Quand je pense au nombre de mots dont le sens m'est toujours inconnu simplement par fainéantise, j'ai honte. Toute ma vie je demeurerai une anacoluthe.

mardi 20 septembre 2016

La goutte

Le samedi. Un jour particulier dans la semaine. La journée des débordements en tous genres. La journée qui déborde sur le dimanche. La journée des trop pleins. La journée des l'un dans l'autre. La journée des "J'ai plein de trucs à faire". La journée que l'on ne vois pas passer. La journée des hyper actifs. La journée des allers et retours. La grasse matinée. L'échange des fluides. Le ménage. Les courses. Le bricolage. Le jardinage. Le sport. La préparation de je ne sais quoi. "Bordel, il est déjà cette heure là?". Pour sortir, on va en boîte.
Pour ce qui me concerne, le samedi, je n'ai jamais rien à faire, ce qui m'évite d'être débordé. Pourtant, compte tenu du nombre de personnes qui dans mon entourage sont toujours débordées, j'ai déjà moi-même essayé d'être débordé. Tout comme tenir un portable, être débordé semble être une façon d'exister. Mais malgré toute ma bonne volonté, mes efforts n'ont jamais été couronnés de succès. Je suis désespérément non débordé. Des fois, je culpabilise. Dans ce cas là, je vais faire la sieste.

dimanche 18 septembre 2016

Confettis

Alors que l'été amorçait son retrait, je me trouvais, en compagnie d'une jeune fille (quelle est l'utilité de ce détail?) à l'abri dans l'attente d'un bus qui me mènerait à Rouen. Une fois à l'intérieur du dit bus, d'un regard flottant, je prends connaissance des autres voyageurs. A quelques sièges sur ma droite, oui j'ai une droite, un jeune garçon, comme les jeunes savent être jeunes, probablement collégien. Coupe de cheveux récente, d'inspiration bourgeoise, rehaussé d'un brushing matinal. Visage juvénile à la peau lisse et vierge de tout acné. Vêtements et chaussures de sport coordonnés du meilleurs effets avec lesquels on ne fait jamais de sport. Si ma mère avait été là, elle m'aurait dit "Oh qu'il est mignon". Je n'aurais pu mieux dire.
Rien ne vient troubler le voyage. Terminus, tout le monde descend. Sans aucune pensée malsaine, sur le trottoir, je me retrouve à marcher derrière le mignon qui, les mains dans le dos, déchire soigneusement son ticket dont les morceaux se retrouvent sur le sol, le tout ponctué de deux crachats.
Après une hésitation, je presse le pas pour me retrouver à sa hauteur.
"Excusez-moi jeune homme (vouvoiement de respect), vous êtes un gros dégueulasse."
D'abord sur son visage de l'étonnement, une incompréhension qui confirme le naturel dénué de culpabilité du geste précédemment décrit.
"Que me vaut le fait d'être ainsi interpelé?" Syntaxe qui atteste d'une maîtrise de notre langue et de la situation.
Je lui explique brièvement que son geste dénote une absence de respect de l'environnement et de ses congénères et qu'un minimum de conscience citoyenne blablabla...
Il laisse passer quelques secondes.
"Plutôt que de me dispenser une leçon de morale du haut de votre grand âge, il aurait été plus judicieux que vous ramassiez les papiers qui maintenant sont éparpillés. Ensuite, vous auriez eu tout le loisir, au risque bien sûr d'un essoufflement dû à votre âge, de me rattraper et de simplement me faire remarquer que j'aurais pu utiliser une poubelle qui se trouvait à proximité, ce qu'à l'avenir je ferai bien volontiers. Que cette journée vous soit bénéfique". Il se retourne et s'éloigne.
Je dois avouer... 

vendredi 16 septembre 2016

Un soir au cinéma

Sur les conseils d'un ami, à qui je n'en veux pas, je suis allé voir ce documentaire de Ron Howard. Autant vous le dire tout de suite, ce qui va suivre sera parsemé de mauvaise fois et sera sans nuance. Je, c'est à dire moi je, je n'ai pas aimé. Mais pas du tout. Ce film est à chier. C'est moi je qui le dis. Aucun intérêt. Pas de point de vue. Des témoignages sans intérêt. Je me tape des tourments de midinette de Whoopi Goldberg, des hystériques interchangeables qui trépignaient et que l'on a vu des milliers de fois tout comme le concert du Shea Stadium (qui dura 30mn). Ce film fait passer les Beatles pour un boys-band avant l'heure (Partir un jour sans retour). On s'extasie devant des prises de position politiques qui compte tenu de leur notoriété était le minimum que l'on pouvait attendre d'eux. Insipide, aseptisé, ce documentaire, qui s'arrête au moment où la carrière du groupe devient intéressante, subit certainement le contrôle de la censeuse Ono. Ron ne s'est vraiment pas cassé le cul. Le tout pour 14€. Quand j'y pense...
Point anecdotique mais instructif, en concert, les Beatles, et d'autres je suppose, jouaient sans retour. Ils ne s'entendaient pas. N'entendaient pas les autres. Alors qu'aujourd'hui, le plus pourri des gratteurs de cordes est prêt à faire un scandale si le retour est trop ceci ou pas assez cela. Voilà.
A quand un docu sur Robert?

mercredi 14 septembre 2016

Les Zemmour de mes deux.

"Donner un prénom qui n'est pas français, à son enfant, c'est se détacher de la France".
Par tous les saints, que dire. J'ai regardé avec attention le calendrier que tous les ans m'inflige mon facteur. J'ai lu le nom de tous les saints qui s'y trouvent et leur biographie. Je peux vous dire qu'il y en a une palanquée qui n'ont jamais mis les pieds chez nous. Martinien, Donald, Marina, Natacha, Thècle, Ananie...
Dieu vous bénisse. 

Mystère

L'amour. On ne sait jamais.
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mardi 13 septembre 2016

Jamais

Ce n'était plus un souvenir. Englouti dans un reflet. Jour après jour. La vie tout autour d'un matin débordant. Les rives brillaient. Un étirement se prolongeait. Encore dans la tiédeur d'une première lueur, sans peur, les corps se croisaient. Les pas frôlaient le silence. La quiétude de l'incertitude. Il a croisé son parfum. Un amour défunt. Sans fin ouvre les profondeurs.

lundi 12 septembre 2016

Ceci n'est pas...

Comme l’a souligné et peint Magritte, nous sommes parfois victimes d’illusions, de représentations esthétiques et culturelles qui nous font prendre des messies pour des lumières. Cette réalité est applicable au-delà du domaine artistique. J'aurai l'occasion de vous faire découvrir les faux-semblants qui jalonnent notre vie et dont certains vous sont familiers.
Pour commencer, un récit que me fit Robert, mon collègue de bureau qui a une vie sexuelle débridée.
"Tu vois, ce que beaucoup de femmes n'ont pas compris c'est que notre queue n'est pas un manche et qu'en conséquence, elle doit être maniée avec douceur. Elle a beau être dure, elle n'en est pas moins fragile et sensible. Comme disait le grand Marlon "Handle with care". Je n'ai de cesse de sensibiliser les femmes que je côtoie mais c'est pas gagné. La preuve. Samedi dernier, je délivre à une blonde les indices de mon intérêt pour sa personne. Je te passe les détails mais à peine dans la voiture, elle se met à genoux, bouche ouverte. Histoire de ne pas la faire attendre, je me mets à sa disposition. Et là, je ne sais pas si elle pensait à autre chose ou si elle perd le contrôle de sa mâchoire mais je sens sa dentition se refermer sur ma chair. D'un coup de rein salvateur j'ai tôt fait de retirer mon membre de la cavité cannibale. Elle lève la tête ponctuée d'un regard étonné. Pour répondre à sa muette interrogation, je lui ai dit "Désolé, mais ceci n'est pas une pipe."   

dimanche 11 septembre 2016

Large

Elle regarde l'horizon. Ce qu'il cache. Ce qu'il promet. Le dépasser et découvrir. La houle roule, déverse et laisse se répandre une crête blanche. Dans l'attente, le bateau ondule. Elle est fatiguée. Partir. Sans frayeur, ailleurs. Laisser la terre et se taire le passé. Ils ont longtemps été deux. Pour finir par ne plus savoir pourquoi. Les jours ont traversé le vide pour s'emplir d'oubli.
Après avoir, d'un dernier pas quitté la terre, elle pose le pied sur le pont du bateau. Et d'un même geste, sourire aux lèvres, elle largue les amarres et son mari.

samedi 10 septembre 2016

Pas compliqué

"Dis-moi ce qui te fait peur, je te dirai mon programme." Thomas Bidegain (Si tu écoutes, j'annule tout)

lundi 5 septembre 2016

Bah...

En lieu et place du matin, l’après-midi s’écoulait à peine bercé par le vent qui traversait l’espace entre les deux fenêtres opposées. Muni d’un balai, un de ces balais miracles qui font la joie des adeptes du téléachat, je rassemblais avec  application les moutons qui avaient échappé à l’aspirateur. Et tout à trac, venant de je ne sais où, une de ces questions que l’on peut qualifier d’essentielles est venue se mêler à la poussière. Est-ce vivre qu'être raisonnable? 

mercredi 31 août 2016

Lui et moi

Il est là. Toujours là. Il ne me quitte pas. Parfois imperceptible. Mais prêt à surgir dans la seconde. Une pensée, une image, un souvenir, un regard, une silhouette, un parfum. Il me traverse. Une immensité. Parfois encombrant. Obsédant. Inassouvi. Une fureur langoureuse. Un calme bouillonnant. A chaque instant. La source s’écoule dans un bruissement. Tumultueux, dévale la pente et s'accumule. Tel un barrage qui se fissure, après avoir fait semblant de résister, je cède. Ma volonté, et ma retenue se lézardent. Le flot m'emporte dans l'oubli. A chaque fois étonné. Impatient que cela recommence.

mardi 30 août 2016

Des mots

Un enfant. La fuite du vent. Faisant semblant. Dans le tourment de l'enchantement. Rires charmants. Décrire entre les lignes. Porté, transporté à travers les notes traversières. Se précipitent dans le souffle haletant. Comme si inachevées entre les feuilles. Elles se dispersent quand se lève la lumière.

Photographe en herbe


lundi 29 août 2016

Tout est bien qui...

Ce matin, j'avais prévu de prendre le bus de 7h20 mais je ne sais pas ce qui s'est passé, je suis monté dans celui de 7h10. Même le chauffeur s'en est étonné. "Bah, comment ça se fait?" incrédule m'a-t-il demandé. "Bah oui, comment se fait-il?" ont renchéri les voyageurs.  J'ai haussé les épaules pour leur signifier que je partageais leur incrédule étonnement. "Bon bah, va falloir que je prévienne mon collègue du 7h20 sinon il va s'inquiéter de ne pas vous voir". Comme je n'aime pas être source de trouble à l'ordre public, je suis descendu et j'ai attendu celui de 7h20. Tout était rentré dans l'ordre. Quel soulagement.

vendredi 26 août 2016

Equilibre

Comme si le temps. Si proche. L'éloignement d'une âme. Dans l'attente d'un battement. Ce presque qui fait espérer. Alors que le jour est passé. Emporte ce que nous ignorions et qui désormais nous manque. 

mercredi 24 août 2016

Histoire de

« Tu me lis une histoire ? ». Ces histoires que l’on raconte le soir. « C’est moi qui choisis ». Le soir avant qu’il fasse noir. « Pas trop longue alors ». Tout près l’un de l’autre. « Je commence ». Jouer tous les personnages. Les gentils et les méchants. « Tu me montres les images ? » Les couleurs et les paysages. Le doigt qui cherche sur la page.  « Dis, lui, qui c’est ?».  Lire et s’endormir sur le livre. « Hein ? Qui ça ? ». Tous les pourquoi et les comment. Bercée dans le creux de la voix. « Encore ». Et s’endort.  

mardi 23 août 2016

En vie

Ce matin, tout a commencé comme d’habitude. Je me suis levé en prenant garde de ne bousculer personne. Dans la pénombre d’un matin d’été, il n’est pas toujours aisé de discerner qui est là.  Aucune pensée ne me traversait l’esprit alors que j’enfilais le couloir. L’inverse ne fonctionne pas. Autant que possible, j’ai pris l’habitude de retarder le surgissement de la première pensée. Cette première pensée que l’on ne choisit pas et qui peut vous gâcher la journée. Sur le point d’atteindre la salle de bain, la dernière manifestation de ma virilité caverneuse s’estompait.  Comme le rappel d’une potentialité que l’on cocherait sur une checklist afin d’être rassuré. Ensuite, baignant dans une douce liberté, le reste s’enchaîna. C’est ainsi que je me retrouvai entamant la dernière ligne droite au bout de laquelle se trouve mon bureau. Sans pudeur, dénué de tout nuage, le ciel s'offrait à mon regard. Les feuilles s'agitaient dans le vent. Arrivé à proximité du bureau, je me suis dit que je pourrais avoir le choix. Celui de laisser le prévu dans mon dos. Je fis ce calcul idiot qui consiste à ajouter 20 à mon âge actuel et qui conduit à se dire "Pourquoi ne pas suivre le chemin de l'envie pour être en vie".