lundi 24 avril 2017

Du bout des doigts

Dans la profondeur légère de ton refuge j'oublie les refus et les déluges. Entre les jours fendus, j'entre dans ton antre. Je cueille les mots du recueil parmi le silence de l'absence. Je quitte les abords des contreforts abrupts. L'embrasement de tes lèvres érige les secrets et les regrets. Les larmes délavent  notre histoire. Jusqu'au lendemain sans fin tu pars avec le jour. Je ne garde rien de toi pour te retrouver au hasard d'un désir.  

vendredi 21 avril 2017

La-haut.


Je rêvais. Je rêvais de toi. Comme si les nuits ne suffisaient pas. J'avais la tête ailleurs. Je ne sais où. J'attendais. Sans trop savoir quoi. Peut-être faisais-je semblant. Je regardais passer des inconnues et des inconnus, me disant que je ne les connaîtrais jamais. Jamais plus je ne les reverrais. Je n'en rêvais pas. J'ai entendu tes pas. Je devinais quand tu approchais même si parfois tu t'éloignais. J'ai levé les yeux. Je me suis dit qu'il aurait suffi d'un rien.

mercredi 12 avril 2017

Un hideux étroit

Je m'enfonçais dans la journée humide. Comme le dernier prince numide. Égaré dans les enchevêtrements apatrides. L'air rude se découpait en rides. Et répandait les borborygmes putrides. Dans le soulèvement des croûtes acides. De part et d'autre rampaient les fissures frigides. Laissant s'épandre les spasmes fluides. Parmi les remugles anguleux, j'aspirais l'amplitude des sculptures  avides. Comme rongé par les effluves d'un fleuve d'oxydes. Les éructations me décharnaient jusqu'au vide. Il me restait à choisir entre l'homicide et le suicide.

lundi 10 avril 2017

De mes amis


Entouré de quelques amis barbelés, un mirador de mes amis me faisait martialement remarquer que la fille de son père comptait bien rafler la mise.

samedi 8 avril 2017

Terre de paroles

Hier soir, je suis allé à l’hôpital. Il n'y avait pas d'urgence mais je n'étais pas loin et même près d'être en retard. Dans un amphi ampli d'une assistance composée de physiques un tantinet en déclin, à quelques exceptions près, nous avons écouté une lecture à deux voix. La lecture, par Anne-Sophie Pochet et Vincent Fouquet, des lettres que se sont écrites George Sand et Gustave Flaubert. Une correspondance. Autrement dit, une relation épistolaire. Nous pourrions même dire épistsolaire tellement... Voilà, c'était tellement. Ils écrivaient. Ils s'écrivaient. J'ai eu l'impression de tout deviner, comme si j'avais pu les observer. A l'écoute de George Sand qui raconte son quotidien, plaisirs et petits désagréments, et de Flaubert qui nous fait part, parfois non sans humour, de ce que l'on appelle les affres de l'écrivain, l'envie de prendre modestement une plume et une feuille de papier nous prend. Ecrire à quelqu'un et attendre le facteur. Attendre. Attendre et lire la réponse. Ne me reste plus qu'à trouver.
Metteur(e) en scène : Anne-Sophie Pauchet
Comédien(ne) : Vincent Fouquet
Musicien(ne) : Caroline Tref

Correspondance, Gustave Flaubert & George Sand

Au hasard.

Sans ami, hier soir je marchais au clair de la lune et au hasard des rues qui s'enchevêtraient dans un quartier de hauts et de bas. Quartier à l'architecture cosmopolite (oui, je sais) qui empêche de le ranger dans une quelconque catégorie, constitué de retraits paisibles. Je passais devant les portes fermées à l'exclusion quand j'ouïs une sourde mélodie. Mu par le murmure et la curiosité, je pousse la porte et l'audace jusqu'à entrer sans y être invité. Et que vois-je? Arthur, bassiste de son état. Alors, me dis-je, posons lui les deux questions. Ce qui fut fait.

vendredi 7 avril 2017

On se le demande

A autre chose. Passons-nous jamais à autre chose. Pourquoi faudrait-il passer à autre chose? Quelle est cette chose, cette autre chose ? chaque seconde de notre vie a en elle nos souvenirs, nos secrets, prête à nous les révéler encore et encore. Un mot, un visage, un geste, une impression, une brise, un reflet, un regard, un souvenir qui nous échappe, qui ne révèle que son ombre. La douleur des regrets nous frôle, les amours inachevées, les amours inavouées, les amours brûlantes qui nous consument encore. Le temps charrie nos vies jusqu’au dernier moment. Et puis tout disparaît, s’évapore laissant notre âme légère. Nous laissons les choses, les autres choses assombrir d’autres yeux, tourmenter d’autres cœurs. La dernière seconde nous libère. 

mercredi 5 avril 2017

Toi émois

Dessous. Dessus. Sous toi. Sur toi. Entre toi. Entre nous. Entre en moi. Les autres émois. Nos incertains surmois. Saoule-moi. Dessale-moi. Décale-moi. Désape-toi. Sans dessus. Avec dessous. Sans décence à fleur de l'eau. Les caresses carnassières le long de ma carcasse qu'à peine tu fracasses d'un sourire. Remous hirsute sans issue. Tu prends ma langue in situ. Tu me passes tout. Profonds leurres en glissades fibreuses. La tumeur enfle. Ose l'anfractuosité. Au plus profond épuisés .     

Vous pouvez répéter?

J'ai du mal à me souvenir du reste. Du reste je ne me souviens de rien. Le temps est passé avec tout le reste et les chiens jappaient pendant que je regardais ailleurs. D'ailleurs, je ne savais pas où j'allais. En déroute sur les chemins de la gloire. Gloire à deux, comme des âmes en plaine, démarraient saluant l'épique et collaient l'anagramme. Au pied de l'être, comme des glands, avec nos trompettes nous avons repoussé les frontières jusqu'aux murmures où j'ai ricoché. Nous sommes arrivés sur le trottoir, les barbares avaient déjà brûlé les écrits et les chuchotements. Restait plus qu'à essaimer l'amour.

A quoi bon


Mon fils à qui je demandais ce qu'il voulait être plus tard, alors qu'il sortait de sa classe de cp, me répondit je veux être heureux. Non, en fait, il me répondit, je veux être pompier. En réalité, je ne sais plus ce qu'il m'a répondu. Je crois même que je ne lui aie jamais posé la question.

lundi 3 avril 2017

Aux pieds

Où va se nicher la conscience politique? C'est ce que je me demandais l'autre jour tout en regardant mon tube de cirage. Pour tout vous dire, il y a quelque temps déjà, j'avais remarqué que mes chaussures, afin d'en prolonger la longévité et par souci d'esthétisme, avaient besoin d'un coup de cirage. C'est chaque soir en m'en délestant que je me faisais cette réflexion. Et chaque matin en les laçant, je me disais "Bordel, seul avec moi-même je suis assez souvent grossier, j'ai encore oublié. Faut absolument que je le fasse ce soir". Et ainsi passaient les jours où la procrastination le disputait à la mémoire défaillante. Et puis, ce matin, las de ce laisser aller, constatant un espace temporel entre l'ingurgitation de la dernière bouchée et le mettage (je sais) de la veste, je décide de passer au cirement (je sais) de mes chaussures. Je vais dans le débarras, prends le cirage adapté et me retrouve dans la cuisine. A chaque fois, je me pose la même question : dois-je cirer mes chaussures déjà aux pieds ou le faire avant qu'elles n'y soient? La plupart du temps je me pose la question alors qu'il est déjà trop tard. Donc, ce matin, déjà chaussé, je pose le pied droit sur le rebord de la chaise, je remonte légèrement le bas de mon pantalon et je me saisis du tube, qui en réalité n'en est pas un. Et, l'air de rien, je lis ce qui est écrit dessus. Et que lis-je? Bleu Marine. Allais-je faire briller mes chaussures avec Bleu Marine?

dimanche 2 avril 2017

Un soir au concert (1)

La vie. Ce qui est bien dans la vie, c'est que nous ne savons jamais. Même la seconde d'après nous ne pouvons rien en dire avant. Et pourtant, nous n'avons de cesse de nous projeter dans cette seconde dont nous ignorons tout (rassurez-vous, j'ai bientôt fini). Ainsi d'aucuns s'imaginaient honnête homme pour la seconde d'après se découvrir une morale incertaine. Moi-même qui vous écris, je pensais avoir vocation à être beau et intelligent et puis... Toujours est-il que de longue date j'avais prévu d'aller à l'Appart bar en ce 1er avril pour découvrir et écouter la suite de l'histoire. J'étais persuadé que j'allais le faire. Mais plutôt que d'y aller directement,( il faut toujours y aller directement mais ce qui n'est pas dans ma nature) et afin d'apporter réconfort et soutien à un ami qui, dans les vacillements d'un matin encore brumeux, avait oublié qu'un escalier comporte plusieurs marches, je fis un crochet par sa demeure. Et là, erreur fatale, j'ai partagé le réconfort en m'installant dans le canapé un verre de blanc à la main qui à de nombreuses reprises alla rejoindre mes lèvres. S'extraire d'un canapé n'est pas une mince affaire. J'en ai encore hier soir fait l'expérience. Mais enfin, mu par une volonté pondérale (je sais, ça ne veut rien dire), je me remis en route pour rejoindre l'Appar bar. Alors que je m'attendais à tourner, dès la première boucle, contre toute attente je trouve une place à proximité. D'une démarche imprégnée (je sais) j'arpente le trottoir sur lequel je croise deux musiciens de mes connaissances, pressés de se vider les ballastes d'avoir trop éclusé de ce liquide ambré qui à présent faisait pression sur leur intérieur. Après quelques serrages de mains plus ou moins réciproques, quelques bises qui procurent le plaisir de l'éphémère, je me campe face à la scène et j'attends. A suivre...

samedi 1 avril 2017

Pavé

Hier soir, le regard dans le vague, j'ai échoué au Havre. Errant sur le port, je chaloupais entre les containers, dans l'ombre des grues au pied desquelles déchargeaient les dockers. Au loin voguaient les couleurs aux reflets d'acier. Le vent transportait des odeurs narratives qui ondoyaient à l'approche des torchères. J'ai longé les quais ponctués de fixités métalliques que le temps rendait abordables. Dans les dernières lumières du jour, j'ai posé le pied sur la plage. Le lointain s'égarait dans la brume. C'est à ce moment là que j'ai entendu... Une mélodie qui venait du nord.

A tue-tête


Le désir parfois m'épuise. Quand ma peau est éprise. Le souffle se grise. Dans la lassitude des méprises. Avant que le corps ne se méprenne. Et ne s'enroule dans le bruit des chaînes. Comme une fissure qui m'entête.

mardi 28 mars 2017

Des fois je me demande

Des fois je me demande. Ce matin, au volant de ma six cylindres en V décapotable (depuis Trump je suis passé à la quatre roues qui crache), alors que, tout en écoutant Calvin Russel chanter Crossroad, je dévalais en direction d'un improbable ailleurs où je finirai par retrouver mes collègues de bureau, je me demandais qui sommes nous? J'étais donc là dans mon intérieur cuir, ronce de noyer ostensiblement de bon goût, lorsque je fus contraint de m'arrêter. Devant moi, une file de voitures qui n'avait pas lieu d'être. Au bout, tout au bout de cette file un feu tricolore, dont la particularité est de passer au rouge pour, quelques secondes plus tard, proposer une flèche qui sans offrir une priorité donne malgré tout l'autorisation d'avancer. Mais il arrive que l'automobiliste de devant, distrait, novice, aveugle ou ne comprenant pas le message véhiculé par cette flèche, attende le passage au vert, ce qui fut le cas ce matin. Et nous eûmes ainsi droit à l'illustration de la définition du dixième de seconde par Pierre Desproges qui est le temps qui s'écoule entre l'apparition de la flèche et le premier coup de klaxon. Le deuxième automobiliste dans la file klaxonna, klaxonna sans que pour autant,probablement par goût de la provocation, le premier ne bougea. Ce qu'il ne fit que lorsque le feu passa au vert. Les deux protagonistes se retrouvèrent côte à côte au feu suivant qui offrait le rouge mais sans flèche. Vitres ouvertes, ils éructaient, s'insultaient, fort marris de ne pas pouvoir descendre au risque de voir le feu passer au vert. Ainsi prisonnier de leur habitacle, leur corps exprimait la frustration de ne pouvoir sur le bitume en découdre. Pour exprimer leur extrême courroux, ils ne leur restaient plus qu'à utiliser leur véhicule qui devint le vecteur de leur haine de l'autre. C'est ainsi qu'à grands coups de volant et d'accélérateur comme un taureau qui fulmine, ils tentèrent de se faire peur mutuellement. Après un ultime bras d'honneur, leurs chemins se séparèrent me laissant incrédule. Un coup de klaxonne me fit comprendre qu'il était temps d'avancer.

dimanche 26 mars 2017

Un soir au concert

Donc hier, j'y étais. J'ai fait partie des rares privilégiés. La soirée a commencé par un bœuf bourguignon. Ou plus exactement, j'ai regardé les musiciens manger un bœuf bourguignon. Je ne sais pas si je donne l'impression d'être bien nourri, mais aucun d'eux ne m'a proposé de partager le corps du bœuf. Je n'ai pas pour autant fait l'âne (je devance toute toute réflexion désagréable). Puis je pris le chemin, sur lequel je croisai quelques recueillis, afin de rejoindre d'autres nourritur
es, moins roboratives mais plus à même d'élever mon âme vers l'indicible. Tout en regardant l'autel sur lequel je n'avais rien à sacrifier, je me demandais si j'allais encore longtemps filer la métaphore. Même je me doutais, quel meilleur endroit pour le doute, qu'il n'y aurait pas un mais des clous du spectacle, je décidai de briser là.
C'est donc en ce lieu voûté, que d'aucunes ont pris pour une cave, en ce lieu loin de toute chapelle (encore une, c'est la dernière) qu'annonçant le printemps, les musiciens nous ont offert un superbe concert. Je sais, Jorge va encore dire que j'aime tout, que je ne suis pas fichu de faire la différence entre Robert Plant et un chanteur de rock, mais là, je dois avouer, confesser (allez, encore une, promis c'est vraiment la dernière) que ce furent des prestations de haute facture. Je ne vais pas faire dans le détail. Tout le monde a eu 10. Nous avons eu le droit à la voix et à la manière devant des spectateurs non dénué d'humour et pour certains rock'n roll. Une mention spéciale pour le son qui a su préserver mes oreilles et permis à d'autres de papoter (j'ai les noms et les images). Je suis pour l'acoustique. Voilà, une fois n'est pas coutume, je serai sobre en rappelant que le printemps nous revient tous les ans, alors pourquoi pas une fête du printemps tous les ans, juste avant la résurrection? Allez en paix.      

jeudi 23 mars 2017

Un soir au concert

L’autre jour, mu par un désœuvrement curieux, je faisais défiler la liste des groupes devant se produire au 106. Et là, je tombe sur Buzzcocks. Dans la seconde, la machine à remonter le temps se met en branle. 1977. Epoque où il y avait plus de massacres que de mélodies. Epoque universitaire où j’avais choisi la filière glandouille avec option paluchage de vinyle en milieu désintégré. Epoque d’énergies tout à la fois créatives et destructrices. Fin de l’analyse sociologique.
Je me dis pourquoi pas. Me voici donc hier soir au 106 ne m’attendant comme souvent à rien de particulier, ce qui a pour effet de limiter une éventuelle déception.

En première partie les Ramines. Bon bah donc, en première partie les Ramines. Ce n’est pas que je sois un spécialiste des Ramones mais je n’ai rien reconnu ce qui ne devait pas être l’objet de la prestation. Des clones rigolos mais comme les phoques, ça ne dure jamais longtemps. La présentation du 106 précise  "Les Ramines font vivre  au public l’album It’s Alive des Ramones avec le plus grand respect du mouvement Punk des années 80". Le respect, ce doit être ça le problème.
Ensuite, Buzzcocks. Comment dire? Le groupe a conservé une certaine énergie. Ce ne sont pas des showman mais l'on sent qu'ils sont contents d'être là. Ils ne la jouent pas à la punk revival. Pas d'outrance. Ils communiquent avec le public. Dans l'absolu, ils nous ont offert une prestation qui sans être inoubliable fut honnête. Mais le problème, car problème il y eut, fut le son. Je ne sais pas si je suis particulièrement difficile, mais ils nous ont servi une bouillie sonore. Ils n'en sont peut-être pas responsables mais j'ai rarement réussi à distinguer les guitares pendant que, comme souvent, le batteur bastonnait. Au risque d'être un peu lapidaire, hier soir, peu de mélodies, beaucoup de massacre. Mais ce n'est que mon modeste avis. Et je suis resté jusqu'au bout.    

mercredi 22 mars 2017

Pif

Ainsi que je l’ai avoué dans un précédent épisode, je n’ai pas de conscience. J’ai longtemps cru de bonne foi que j’en possédais une. Mais à l'épreuve des faits j'ai dû me rendre à l'évidence. Si peu modeste, j’étais même persuadé d’en avoir plusieurs. Ce qui faisait la fierté de ma famille. Une conscience politique, une conscience de classe et plein d’autres dont la conscience écologique. Bien qu’étant plus qu’un courant, le mot qui présentement traverse de part en part l’écologie est le mot alternatif. Le tri, le développement, la production, la culture, la croissance, tous sont alternatifs. mais le plus alternatif de tous est le transport. A pied, à bicyclette, transport en commun, automobile électrique, covoiturage etc... Jusqu'à il y a peu, sans me poser de question, chaque matin je prenais le bus. Depuis que je dispose, provisoirement, d'une automobile, je ne me pose pas non plus de question, je la prends. Je n'ai même plus cette mauvaise conscience qui au tout début m'assaillait. Reste un point commun entre les deux modes de transport : l'observation de mes congénères. Si l'automobiliste citadin n'est pas toujours urbain, dans son habitacle il se croit souvent à l'abri des regards. Ainsi, ce matin arrêté à un feu, je jette un regard dans le rétro et que vois-je? Un homme qui avec application et méthode procédait au curage de son nez. D'abord l'index qui d'un mouvement circulaire, telle un foreuse, semblait extraire le plus gros des concrétions. Une fois retiré de la narine, son propriétaire le regarda d'un air satisfait et déposa le résultat de sa pêche sur le bord de la vitre ouverte. Ensuite il sollicita son auriculaire pour atteindre les zones inaccessibles tout autre doigt. Le voyant la bouche ouverte et le petit doigt à proximité j'ai cru que mais il termina de décorer la vitre. Interminable ce feu.

mardi 21 mars 2017

Bof


Ce n’est pas bien. On peut même dire que c’est mal. Et croyez-moi, je n’en suis pas fier. J’ai pourtant essayé de me raisonner, de me convaincre. J’ai fait appel à ma conscience, à l’histoire, aux luttes, aux grands hommes. J’ai essayé de m’imprégner de l’enthousiasme de mes proches. J’ai applaudi, j’ai hurlé, j’ai hué, j’ai banderolé, j’ai essayé de m’enflammer avec un drapeau, je me suis dédoublé lors de manifestations, mais rien n’y a fait. Jusqu’à il y a peu, j’écoutais tout, je regardais tout, je lisais tout. Pour tout dire, j’y croyais. Et pourtant j’ai connu Pasqua, Balkany, Chirac, Mitterrand, Sarkozy, Hollande, Strauss-Kahn, Cahuzac et bien d’autres. Mais rien de tout cela ne m’ébranlait. A chaque fois, quelques mois avant l’échéance, je me sentais tout émoustillé. Comme une sève chaude et puissante, je sentais en moi monter le désir qui allait trouver son assouvissement à cet instant où le temps semble retenir son écoulement, à cet instant où l’urne encore inaccessible finira par s’ouvrir laissant ainsi le bulletin pénétrer en son sein. Mais cette fois-ci, rien. Ça ne m’intéresse pas. Je n’écoute que d’une oreille. Je regarde ailleurs. Je lis en diagonale. Lassitude, ébranlement, désenchantement Bien sûr, comme un bon citoyen, je remplirai mon devoir et l’urne. Quelqu’un dira « A voté ». La République sera comblée et heureuse et ma carte s’ornera d’un tampon bien pâle. Mais avant même que l’union ne soit scellée, je me sentirai trompé. Pour autant, le pire n’est jamais certain

lundi 20 mars 2017

De mes amis

Emmitouflé dans une couverture sur les planches de Deauville, un ba da ba da da da da da da de mes amis me faisait à juste titre remarqué que Lelouche avait mal tourné.