mardi 23 mai 2017

Dans le métro

Avec le soleil et sa chaleur reviennent les plaisirs et les stigmates de l'été qui s'approche. Mais en fin de journée, ce sont les stigmates qui ont tendance à prendre le dessus. Ainsi hier, en fin de journée de travail, 16h pour moi, dans la légèreté de l'air de ce mois de mai, j'entre dans la rame et dans la seconde qui suit je prends conscience que le métro transporte en commun les corps et les odeurs qui les accompagnent. Parfois, les parfums masquent les effluves corporelles, mais hier que nenni. C'était la foire aux phéromones, les dessous de bras étaient de sortie. Me parvenaient jusqu'aux narines les émanations olfactives qui manifestement avaient mariné dans le secret ombragé et suintant des aisselles à l'occasion poilues. Tel un nez de Grâces, je sais reconnaître la vieille sueur. Probablement émanant de plusieurs sources je n'ai pu déterminer avec précision leur provenance. Je me demande si ce soir je ne vais pas rentrer à pied.

lundi 22 mai 2017

Un soir à la radio

Donc, hier soir, entraîné par Jorge Pereira-Rainha, je me suis retrouvé à radio Principe actif pour écouter et voir l'émission Un privé à Babylon animée par Petit Emanuel
et ses acolytes érudits. Malgré un rappel au règlement par l'autorité
de tutelle que d'aucuns ont trouvé justifié, nous avons été très bien
accueillis dans une ambiance qui m'a rappelé mes années d'étudiant quand
demain nous paraissait toujours bien loin L'invité virtuel du jour
était Elvis Costello, chanteur, compositeur, découvreur, producteur,
dragueur, le tout pour notre bonheur. Loin de nous pousser du coude,
nous l'avons levé au rock et à ceux qui nous le font aimer. Pour
terminer en beauté, Jorge P muni de sa voix et de sa guitare et
accompagné d'une prise de son de proximité nous a interprété deux titres
de son dernier disque. Et encore bravo.

vendredi 19 mai 2017

Hier soir au concert


Hier soir, répandu dans le canapé, je regardais par la fenêtre pleureuse tomber la pluie dans le jardin. Le ciel semblait se refléter dans l'herbe. Je craignais que la torpeur me paralyse. Allais-je me lever pour rejoindre l'Appart Bar où Elegant Tramp devait se produire? D'un vigoureux coup de rein dont seule la promesse du plaisir nous rend capable, je quittais le canapé pour quelques aller-retours d'essuie-glace plus tard me retrouver devant une bière face à Loïc Kohler et Jorge Pereira-Rainha . Nous parlâmes de tout et de rien. D'autres s’attablèrent, parlèrent, burent comme dans une abbaye(?).
Et commença le concert par une prestation de Yelo, que je découvrais, nom qui pourrait être la contraction d'un bonjour ensoleillé. En fait, non. Une voix, une guitare, un violoncelle. La musique de Yelo, pour ce que j'ai pu en percevoir car à ma grande honte je n'ai pas toujours été attentif, est teintée d'un romantisme qu'enveloppe une nostalgie des amours perdues. Il est vrai que la vie n'est pas une poilade sans fin. Merci de nous le rappeler. Je me suis laissé bercer par les cordes. A revoir.
Ensuite. Ensuite, Elegant Tramp avec Fab Lo et Phil Long Dong en toute décontraction aux manches acoustiques. Un set composé de titres que je n'avais jamais entendus et d'autres devenus des classiques. J'ai déjà dit que j'aimais. C'est toujours le cas. A moins que vous vouliez que j'en dise d'avantage, à quoi bon, je n'irai pas plus avant.
Et encore bravo.


Cortez the killer

mercredi 17 mai 2017

North Harbor

Sur toute la ligne

Je lirai entre les lignes de ta main
Comme toujours je te verrai demain
Tu m'écriras entre les lignes de ta vie
Comme toujours tu me donneras envie

Tu m'attendras dans un coin de ciel
Avant que le monde ne s'éveille
Nous disparaîtrons dans nos rêves
Quand la vie sera encore brève

mardi 16 mai 2017

A l'infini

Elle caressait mes émotions
Dans ses yeux brillait la clé de l'évasion
Dans les boucles rouges du temps sa révolution
Comme un tourbillon emportait mes douces illusions

Son cœur à l'infini
Faisait battre mon amour
Elle était l'infini
Son cœur à l'infini
Faisait battre mon amour

Dans les derniers parfums du vent d’alors
Seul le linceul de mon cœur flotte encore
Las comme un amour qui s’endort
Dans la brume s’évanouit son corps

L’aube des flots ternes de la baie de Lisbonne
Dépose l'ombre des saisons monotones
Les chagrins sombres des reflets amers de l’automne
Déversent les pleurs et enfin m’abandonnent

vendredi 12 mai 2017

Un soir au concert

Donc hier soir (on fait comme si on était hier, hein?) j'étais au Trois Pièces. Je n'avais jamais fait attention, mais il y en a davantage. J'y étais pour un concert annoncé de longue date. Deux parties. Jorge P avec Jorge et Artur puis Paul Collins avec Paul Collins. Comme Artur n'en finissait pas de terminer son andouillette, le concert a commencé en retard. En attendant, confortablement installés dans une des pièces, nous avons devisé. De nombreux sujets ont été abordés dont l'andouillette d'Artur, les moulures, les chevaux fiscaux, pendant que Thierry Valette faisait la navette entre l'andouillette et la cave, impatient que les premières notes soient jouées. Après une dernière bouchée, ce fut fait.
Hier soir, j'assistais pour la quatrième fois à un concert de Jorge P, ce qui ,somme toute est peu comparé aux 23 de Robert. Toujours est-il, que chaque prestation est meilleure que la précédente. C'est vrai, meilleure, ça fait un peu confiture mais peu importe. Je sais, d'aucuns vont dire, ouais mais tu n'es pas impartial. Et alors et qu'est-ce que vient faire l'impartialité. J'aime bien m'énerver tout seul. Le duo ne fait qu'un dans une complémentarité dissociée qui permet l'expression, la fantaisie et la prise de risque (je reste à votre disposition pour toute explication). Lorsque Arthur, pour la dernière chanson, s'est saisi de la guitare et en a joué je me suis dit que d'autres voies s'ouvraient devant ce duo, Jorge et Artur 2P.
Puis, Paul Collins. Il y a plusieurs choses que j'aime chez lui. Je comprends son anglais. Pratiquement toutes ses chansons sont courtes et elles ont une histoire qu'il prend plaisir à nous raconter. Je l'avais écouté il y a quelque temps accompagné de jeunes musiciens. J'ai de loin préféré la version acoustique d'hier soir. Les mélodies, la voix, les variations, la modestie, l'envie de partager. Voilà, je ne vais pas en rajouter.
Cette soirée acoustique m'a plus. Pas la peine de gueuler pour entendre.
Un bémol. Depuis un concert des Volfonics où il me fut reproché d'être trop grand, je me place au fond de la salle. Mais hier soir, deux chevelus se dandinant m'ont gâché la vue😃😃.
Et encore bravo.

Dans le bus

Ce matin, j'avais le disque dur un peu mou. Un peu d'envie s'était probablement évaporée. Un début dans le flou. Histoire de recoller à la vie, au train-train, je monte dans le bus. Après un coup d’œil sans objet, je reste debout, adossé à la vitre. Il ne me reste plus qu'à regarder. Après quelques secondes, je jette, avec douceur, mon dévolu sur une jeune fille accompagnée d'un garçon non moins jeune. Il parle. Je ne sais de quoi. Elle le regarde. Ses lèvres s'écartent dans un sourire. Il continue de parler. Elle lui passe une main dans les cheveux. Sa chevelure se gonfle et ondule au passage des doigts qui glisse vers sa nuque. Je regrette d'être chauve. Elle le regarde. Il est dans ses yeux, dans les reflets que la lumière dévoile. Elle s'approche de son visage et l'embrasse. A mots couverts.

jeudi 11 mai 2017

Dans le bus.



Ce matin, pour la première fois depuis...depuis la dernière fois, j'ai pris le bus. Bien m'en a pris puisque j'ai découvert une technique pour tout à la fois se curer le nez et se maquiller. J'étais donc debout dans l'habitacle regardant à droite et à gauche en quête d'un centre d'intérêt quand une voix de petite fille attire mon attention. Face à elle sa mère. Elle tient dans la main gauche un miroir de petite taille qui lui renvoie l'image de son nez, ou plus précisément, l'image de l'intérieur de ses narines . De sa main droite, plus précisément de son index, et tout en regardant dans son miroir, elle déloge les concrétions qui obstruent ses voies nasales et qu'elle disperse ensuite d'une pichenette. Et ceci fait, du même doigt, probablement encore enduit d'un reste de sécrétion, elle se lisse les sourcils qui à présent brillent dans la lumière du matin naissant.

mercredi 3 mai 2017

Sens

J'entends le chant de la tronçonneuse et le bruit des oiseaux
Je sens le jaune des champs et le vert du chemin
Je touche au but las de l’asphalte
Je goûte la compagnie des poètes à bicyclette dans l'ère champêtre
Je vois au près les prés peuplés de peupliers

dimanche 30 avril 2017

La vie de nos choses

Depuis quelques jours déjà, je passais devant le panier à linge. Du haut de l'escalier, je le voyais débordant de linge en tous genres. Descendant les marches, je regardais ailleurs. En mon for intérieur, passant à ses côtés, j'avais bien conscience que cette situation ne pouvait perdurer au risque de froisser la fierté de ces vêtements ainsi entassés. Et c'est ce matin que j'ai pris conscience du caractère intolérable de cette situation. Comment pouvais-je, faisant fi des sensibilités, des cultures et des origines, ainsi mélanger les chemises, les pantalons, les chaussettes trouées, les petites culottes et autres caleçons? Ayant subitement la fibre du rangement, il me fallait mettre de l'ordre dans cet intolérable cosmopolitisme vestimentaire. A chaque corbeille son type de vêtement. Pour la couleur, je n'ai pas encore décidé.  

jeudi 27 avril 2017

Lumière

Ce matin, après avoir hésité, j'ai fini par ouvrir les yeux. Par la porte qui n'était pas fermée, j'ai vu de la lumière. Alors, je suis sorti. De la chambre. Je me suis retrouvé dans le couloir. Un long couloir qui menait ailleurs. J'ai cherché à savoir d'où venait cette lumière. J'ai regardé par la fenêtre. Dans un frôlement de givre une lueur encore lointaine atteignait les toits. Sans plus chercher, j'ai attendu qu'elle s'approche. Plus près.

mardi 25 avril 2017

Un instant seulement

Du vert et du bleu. Le bleu prolongeait son immobilité tout au long du jour. Son intensité variait. Dans le froid du matin, sa pâleur le rapprochait de la transparence. Comme un écho aux flaques de brume qu'écorchaient les brins d'herbe. La rosée renvoyait les impressions de lumière. Ses gouttes répandues semblaient comme les derniers éclats de la nuit. Loin de tout, le temps hésitait encore. Son indécision se déposait sur la cimes des arbres. De branche en branche, elle finissait par toucher le sol pour se répandre jusqu'aux imprécisions du matin. A l'abri du feuillage, les chants des oiseaux traversaient le repos de l'air. Le vert parsemait l'espace de son immobilité. Les derniers instants d'ombre allaient s'évaporer. La chaleur rasante se frayait un passage vers ma peau. Je la laissais se répandre. D'une caresse, elle éloigna le souvenir d'un frisson. Le soleil devenait le seul élément du temps. Avant que je ne ferme les yeux, infime, le ciel s'assombrit par dessus la cime. L'abandon se mêlait aux bruissements. Les sensations prenaient possession. Le vent livrait passage à ton visage. Je sentais ton regard. Je devinais ton sourire. Je m'endormis dans l'oubli.

lundi 24 avril 2017

Du bout des doigts

Dans la profondeur légère de ton refuge j'oublie les refus et les déluges. Entre les jours fendus, j'entre dans ton antre. Je cueille les mots du recueil parmi le silence de l'absence. Je quitte les abords des contreforts abrupts. L'embrasement de tes lèvres érige les secrets et les regrets. Les larmes délavent  notre histoire. Jusqu'au lendemain sans fin tu pars avec le jour. Je ne garde rien de toi pour te retrouver au hasard d'un désir.  

vendredi 21 avril 2017

La-haut.


Je rêvais. Je rêvais de toi. Comme si les nuits ne suffisaient pas. J'avais la tête ailleurs. Je ne sais où. J'attendais. Sans trop savoir quoi. Peut-être faisais-je semblant. Je regardais passer des inconnues et des inconnus, me disant que je ne les connaîtrais jamais. Jamais plus je ne les reverrais. Je n'en rêvais pas. J'ai entendu tes pas. Je devinais quand tu approchais même si parfois tu t'éloignais. J'ai levé les yeux. Je me suis dit qu'il aurait suffi d'un rien.

mercredi 12 avril 2017

Un hideux étroit

Je m'enfonçais dans la journée humide. Comme le dernier prince numide. Égaré dans les enchevêtrements apatrides. L'air rude se découpait en rides. Et répandait les borborygmes putrides. Dans le soulèvement des croûtes acides. De part et d'autre rampaient les fissures frigides. Laissant s'épandre les spasmes fluides. Parmi les remugles anguleux, j'aspirais l'amplitude des sculptures  avides. Comme rongé par les effluves d'un fleuve d'oxydes. Les éructations me décharnaient jusqu'au vide. Il me restait à choisir entre l'homicide et le suicide.

lundi 10 avril 2017

De mes amis


Entouré de quelques amis barbelés, un mirador de mes amis me faisait martialement remarquer que la fille de son père comptait bien rafler la mise.

samedi 8 avril 2017

Terre de paroles

Hier soir, je suis allé à l’hôpital. Il n'y avait pas d'urgence mais je n'étais pas loin et même près d'être en retard. Dans un amphi ampli d'une assistance composée de physiques un tantinet en déclin, à quelques exceptions près, nous avons écouté une lecture à deux voix. La lecture, par Anne-Sophie Pochet et Vincent Fouquet, des lettres que se sont écrites George Sand et Gustave Flaubert. Une correspondance. Autrement dit, une relation épistolaire. Nous pourrions même dire épistsolaire tellement... Voilà, c'était tellement. Ils écrivaient. Ils s'écrivaient. J'ai eu l'impression de tout deviner, comme si j'avais pu les observer. A l'écoute de George Sand qui raconte son quotidien, plaisirs et petits désagréments, et de Flaubert qui nous fait part, parfois non sans humour, de ce que l'on appelle les affres de l'écrivain, l'envie de prendre modestement une plume et une feuille de papier nous prend. Ecrire à quelqu'un et attendre le facteur. Attendre. Attendre et lire la réponse. Ne me reste plus qu'à trouver.
Metteur(e) en scène : Anne-Sophie Pauchet
Comédien(ne) : Vincent Fouquet
Musicien(ne) : Caroline Tref

Correspondance, Gustave Flaubert & George Sand

Au hasard.

Sans ami, hier soir je marchais au clair de la lune et au hasard des rues qui s'enchevêtraient dans un quartier de hauts et de bas. Quartier à l'architecture cosmopolite (oui, je sais) qui empêche de le ranger dans une quelconque catégorie, constitué de retraits paisibles. Je passais devant les portes fermées à l'exclusion quand j'ouïs une sourde mélodie. Mu par le murmure et la curiosité, je pousse la porte et l'audace jusqu'à entrer sans y être invité. Et que vois-je? Arthur, bassiste de son état. Alors, me dis-je, posons lui les deux questions. Ce qui fut fait.