mardi 11 juillet 2017

Approche


Dans la lumière des heures émergeantes il revoit son visage. Il ne se souvient plus de son âge. Le temps a disparu dans le passage. Des livres rangés elle ne tourne plus les pages. Les mots restent sans partage. Il se perd dans le vide des marges. Ecorchent son âme les débris usés de la rage. Comme les craquements d'un lointain naufrage. Quand surgissaient les éclaboussures le long de la plage. Elle riait et défiait le large.

jeudi 15 juin 2017

Jorge au 3 Pièces







Un soir au concert

Donc, hier soir… C’est avec légèreté et
insouciance que j’écris « donc » ce mot de quatre lettres que précèdent
pourtant 60 ans. Ce laps de temps avec tout ce qu’il contient pour en
arriver, comme un aboutissement inéluctable, à ce début de phrase «
Donc, hier soir… ». En ce jour de BAC philo.
Donc, hier soir, dans
une chaleur annonciatrice, je me suis retrouvé à la terrasse du 3
Pièces. Hier soir, comme à chaque fois, évaluant l’âge moyen des buveurs
présents, je me suis senti vieux.
Jusqu’à ce que je découvre la présence de mes petites et petits
camarades dont l’âge concoure à me rassurer. Non qu’ils soient vieux,
mais ils font moins jeunes.
Donc rassuré, je suis descendu à la
cave pour dans un premier temps écouter Jorge. Si l’on peut considérer
que c’est un lieu où les chanteurs se bonifient, il est indéniable que
nombre de spectateurs, dont je fais partie, étaient hors d’âge. Humour.
Donc, pour la 126ème fois j’ai assisté à un concert, mini, de Jorge. Eh
bien, vous allez me croire ou pas, mais à chaque fois c’est comme la
première fois. Tous ceux qui ont vécu une première fois savent de quoi
je parle. Donc, comme un coup de rétro dans la sépia musical, a repris
quelques standards de Victoria. Je pourrais résumer sa prestation, faite
de simplicité et de proximité, par un V.
Donc, alors là
ensuite… C’est sûr, j’avais été prévenu. Et puis faut dire que côté «
j’envoie » je ne suis pas un perdreau de l’année. Mais je dois avouer
que j’ai été surpris. Dès le premier accord, j’ai plongé la main dans
une poche dont j’ai extrait deux bouchons que je me suis profondément
enfoncer dans les oreilles. Pour tout dire, je me suis retrouvé comme un
de ces cow-boy qui pendant un rodéo grimpent sur un énorme bœuf, dont
on a compressé les couilles, qui associe sa douleur au mec qui se
cramponne sur son dos. Combien de temps allais-je tenir avant de me
faire éjecter ? A n’en pas douter, le nom du groupe, Atom Age, fut
raccord avec la prestation. C’est de l’énergie qui alimente l’envie de
gigoter et j’en connais une qui ne s’en est pas privée. A toute
berzingue, dans tous les sens et dévalant sans frein la descente vers
l’accord final. Une prestation nerveuse d’énervés pour en finir, quitte à
jouer deux notes en une. Manifestement, aucun des musiciens ne voulait
se laisser distancer. Résultat, ils ont tous fini premier.


vendredi 9 juin 2017

Agnès

Un poème express
Même si rien ne presse
Avant que l'amour ne nous laisse
Et que le temps ne cesse
Avant que la vie ne nous blesse
Et ne reviennent les faiblesses
Avant que le jour ne baisse
Et n'éveille nos détresses
Livrons nous à la tendresse
Et laissons nous aller à ses caresses



Comme quoi

Qu'importe ce qu'emporte le vent. C'est ainsi que lassé sous un amoncellement délavé de pierres émoussées j'ai fait une croix. La main tendu, j'ai cueilli ta fleur de peau. Comme quoi. Comme toi. Tombée de la nuit pour m'apaiser d'un baiser. Tu as surgi des interstices illicites. Têtes bêches des défilés infidèles. Attire d'elle. Au travers de tes voies navigables. Au doigt mouillé, je me suis laissé guider. Dans les écumes de la pleine lune. A peine de dune en dune. A tous crins, au galop de la marée, le vent délave le passé. Dérobe la chute et se soulève jusqu'à l'éclatement. Et je glisse mon amour dans le ressac.

mercredi 7 juin 2017

Trop

Ce matin, encore éparpillé au quatre coins du lit, flottant dans une conscience incertaine, alors que la nuit avait depuis longtemps rejoint ses pénates, les premiers sons de la radio me confirmèrent que j'étais toujours en vie. Je ne sais pourquoi, mon esprit, évoluant dans la mélasse des sédiments vespéraux, me retranscrit les propos d'un matinalier prompt à l'introspection : quelles idées pour reconstruire la gauche? Malgré tous mes efforts, je n'ai pas été foutu d'apporter ma pierre à l'édifice.

lundi 5 juin 2017

Sur le bout

Depuis le matin, il n'avait qu'une envie: baiser. Une véritable obsession qui l'empêchait de travailler. Il ne s'agissait pas de sentiment, d'amour. C'était comme si le désir qui habituellement se répartissait entre le cul, l'argent et divers autres fantasmes se retrouvait concentré dans le bout de sa queue. Dès les premières minutes suivant son réveil, le caractère impératif de la revendication d'assouvissement lui parut évident. C'était autre chose que ces manifestations caverneuses qui chaque matin lui rappelaient sa condition. Il avait pensé à se palucher sous la douche et puis, après une molle tentative, il avait renoncé. Il était un adepte régulier de cette auto satisfaction mais qu'il réservait au tout venant, à ces érections qu'il pouvait circonscrire rapidement. En l’occurrence il sentait que cette méthode ne suffirait pas. Ou il  lui arrivait même de les laisser mourir de leur belle mort sans intervention aucune. Mais de toute évidence, il devinait que celle-là n'allait pas le lâcher, que sa feinte indifférence ne la ferait pas rentrer dans le rang. Il allait devoir lui donner satisfaction. Le début de matinée fut pénible. Il dut arpenter les couloirs et les bureaux de ses collègues muni d'un dossier qu'il tenait à deux mains afin qu'il couvre la surface se trouvant entre la ceinture et le haut des cuisses. Ses longs bras lui furent fort utiles. La matinée se traîna sans qu'il puisse constater la moindre amélioration. Il essayait de penser à autre chose mais en vain. Il ne pensait qu'à ça. Il ne pensait qu'à ça mais à son corps défendant. Plus que jamais, il fit semblant de travailler.
Il aurait pu sagement attendre d'être rentré chez lui et régler l'affaire avec sa femme. Mais depuis quelque temps sa femme ne manifestait qu'un intérêt très limité pour le sexe. Elle assurait le service  minimum. Ce que l'on appelait le devoir conjugal. Devoir auquel elle n'avait jamais la moyenne. Il en ressortait toujours insatisfait ce qui l'obligeait la plupart du temps à embrayer par une masturbation frénétique dans les toilettes. La chasse d'eau évacuait son dépit.
Mais là, quoi qu'il en soit, il ne se voyait pas attendre le soir. Alors qu'il feuilletait un rapport qui dressait un bilan truffé de graphiques incompréhensibles, Audrey entra dans son bureau. A l'occasion d'une promiscuité de circonstance, ils avaient eu une brève aventure. D'une intense brièveté dont le souvenir resurgissait à chaque fois qu'il la voyait. Autant dire souvent. Elle avança vers lui, grande, redondante, rousse et accompagnée d'une sensualité qui le fit se sentir encore plus à l'étroit dans son slip. Il la regarda. Elle était peut-être la solution à son problème. Il devait tenter le coup. Alors qu'elle déposait du courrier sur son bureau, tout en la regardant, il lui caressa la main qu'elle ne retira pas. Un frisson le parcourut. Il ne pouvait pas être plus à l'étroit.
Laissant le levier de vitesse au point mort, il sortit de la voiture qu'il venait de garer au sous-sol. Pénétrant dans le salon, il vit sa femme assise dans un fauteuil jambes croisées. La lumière qui traversait la baie vitrée faisait briller sa chevelure brune. Son regard laissait transparaître l'inhabituel. Elle lui sourit. Ce sourire lui disait quelque chose mais il pouvait se tromper. Malgré tout, il commença à se trouver à l'étroit. La gêne devait se lire dans ses yeux. Aucun dossier à portée de main. Sa femme se leva et le pris par la main. Surpris et soudain intimidé, il se laissa guider jusqu'à leur chambre. Après quelques caressantes circonvolutions qui intensifièrent et prolongèrent son état, ils se retrouvèrent dans le lit enlacés. Elle lui chuchota quelque chose à l'oreille qu'elle lécha avant de disparaître sous le drap blanc. Il sentit d'abord les lèvres. Il ferma les yeux. La langue l'enroba et s'amorça un mouvement dissimulé par ce qui aurait pu ressembler à un linceul. Alors qu'il se laissait glisser sur la pente, le va-et-vient s'interrompit. Il attendit quelques secondes et finit par ouvrir les yeux pour voir sa femme refaire surface. Entre son pouce et son index encore humides, elle semblait lui montrer quelque chose qui devait être la cause de cette brusque interruption. D'abord, il ne parvint pas à identifier ce que sa femme exhibait ainsi. Pour échapper à la lumière déclinante du soleil, il modifia son angle de vue. Brillait dans les derniers rayons un cheveux roux.  

    

dimanche 4 juin 2017

Majeur

Au hasard des allées poussaient les azalées. Les couleurs atténuées s'ouvraient encore à des nuées d'insectes. L'horizon foisonnaient des dernières lumières de la saison. Ils savaient qu'il serait bientôt temps. Il savait qu'il laisserait quelque chose d'elle s'envoler. Quelque chose qu'il ne retrouverait jamais. Il ne parviendrait jamais à décrocher le temps suspendu. Entre les notes ténues de ses divins doigts mélodieux, il se souvenait des accords en noir et blanc. Ils accordaient leur regard. Et, sans savoir trop pourquoi, comme ça, comme pour vivre à nouveau, il fallait partir.

Un après-midi au concert




Donc hier après-midi, avec Jorge Pereira-Rainha nous prenons la route de Sotteville. Pour moi, maladroit que je suis, passer rive gauche n'est jamais simple, mais là, j'avais un copilote avisé connaissant parfaitement la topographie des lieux. Nous nous sommes ainsi retrouvés rue Edison, ce qui en un sens était prémonitoire. Que faisions-nous là? Nous étions invités par Sabine Fkg Dubois à assister à son concert privé. Après avoir découvert l'affiche qui annonçait l'évènement, nous sommes entrés. Dans un premier temps, comme des néophytes en passe de découvrir l'inconnu, nous avons d'abord séjourné dans un sas de décontraction, aidé en cela par quelques bières. Nous avons devisé de choses et d'autres en attendant les derniers invités. Puis, au complet (c'était sold out) nous sommes passés dans la salle de spectacle. Confortablement installés, Blanche, si elle me permet de l'appeler Blanche, nous a fait pénétrer non pas dans son monde, trop étroit, pas plus que dans son univers mais dans l'Univers. Blanche est l'Univers à elle toute seule. Nous avons eu le droit à des galaxies musicales voyageant entre des trous noirs et traversées d'éclairs et de fulgurances vocales, l'ensemble non dénué d'une sensualité qu'il nous restait à expérimenter. Puis, dans une pénombre enveloppante, la dernière note évanouie, nous avons reposé nos pieds sur le plancher. C'était vraiment Blanche Dubois ici et pas ailleurs.

vendredi 2 juin 2017

Dictionnaire

Avec sa langue, elle lui retire les mots de la bouche. Chaque jour, il cherche d'autres mots.

Dans le bus ou c'est pas gagné.


Ce matin dans le bus, je désespérais. Je désespérais de découvrir un comportement, de surprendre une attitude, de fixer mon attention sur une vision. Dans les écouteurs Stereophonics. Entre les coups de frein et les accélérations, le bus poursuivait sa descente. Et puis un homme est monté. Un de ces hommes que je devinais entre deux. Son visage offrait à mon regard les tumultes et les tourments d'une vie élimée comme ses vêtements. Je ne pouvais détacher mes yeux de son histoire gravée dans les rides qui se croisaient. La gravité des matins incertains l'accompagnait. Comme pour quitter le centre des attentions, il a cherché une place. Après quelques secondes, il a souri. Il avait reconnu quelqu'un. Il s'est approché et a embrassé la femme à qui maintenant il faisait face. Ils ont parlé. Ils se sont souris. Bêtement, je les regardais comme si ce que je voyais était incroyable. J'ai jeté un œil à mes chaussures usées et pas cirées. Il était temps que je reconnaisse quelqu'un.

mardi 30 mai 2017

Présent

Tu étais là. Tu me manquais déjà. Tu serais bientôt là-bas. Je n'entendrais plus tes pas. Tu disparaîtrais dans un dernier regard. Au travers des échos du départ. Je me souviendrais des jours épars. Inlassablement entrelacés dans l'écoulement des errements.

mardi 23 mai 2017

Dans le métro

Avec le soleil et sa chaleur reviennent les plaisirs et les stigmates de l'été qui s'approche. Mais en fin de journée, ce sont les stigmates qui ont tendance à prendre le dessus. Ainsi hier, en fin de journée de travail, 16h pour moi, dans la légèreté de l'air de ce mois de mai, j'entre dans la rame et dans la seconde qui suit je prends conscience que le métro transporte en commun les corps et les odeurs qui les accompagnent. Parfois, les parfums masquent les effluves corporelles, mais hier que nenni. C'était la foire aux phéromones, les dessous de bras étaient de sortie. Me parvenaient jusqu'aux narines les émanations olfactives qui manifestement avaient mariné dans le secret ombragé et suintant des aisselles à l'occasion poilues. Tel un nez de Grâces, je sais reconnaître la vieille sueur. Probablement émanant de plusieurs sources je n'ai pu déterminer avec précision leur provenance. Je me demande si ce soir je ne vais pas rentrer à pied.

lundi 22 mai 2017

Un soir à la radio

Donc, hier soir, entraîné par Jorge Pereira-Rainha, je me suis retrouvé à radio Principe actif pour écouter et voir l'émission Un privé à Babylon animée par Petit Emanuel
et ses acolytes érudits. Malgré un rappel au règlement par l'autorité
de tutelle que d'aucuns ont trouvé justifié, nous avons été très bien
accueillis dans une ambiance qui m'a rappelé mes années d'étudiant quand
demain nous paraissait toujours bien loin L'invité virtuel du jour
était Elvis Costello, chanteur, compositeur, découvreur, producteur,
dragueur, le tout pour notre bonheur. Loin de nous pousser du coude,
nous l'avons levé au rock et à ceux qui nous le font aimer. Pour
terminer en beauté, Jorge P muni de sa voix et de sa guitare et
accompagné d'une prise de son de proximité nous a interprété deux titres
de son dernier disque. Et encore bravo.

vendredi 19 mai 2017

Hier soir au concert


Hier soir, répandu dans le canapé, je regardais par la fenêtre pleureuse tomber la pluie dans le jardin. Le ciel semblait se refléter dans l'herbe. Je craignais que la torpeur me paralyse. Allais-je me lever pour rejoindre l'Appart Bar où Elegant Tramp devait se produire? D'un vigoureux coup de rein dont seule la promesse du plaisir nous rend capable, je quittais le canapé pour quelques aller-retours d'essuie-glace plus tard me retrouver devant une bière face à Loïc Kohler et Jorge Pereira-Rainha . Nous parlâmes de tout et de rien. D'autres s’attablèrent, parlèrent, burent comme dans une abbaye(?).
Et commença le concert par une prestation de Yelo, que je découvrais, nom qui pourrait être la contraction d'un bonjour ensoleillé. En fait, non. Une voix, une guitare, un violoncelle. La musique de Yelo, pour ce que j'ai pu en percevoir car à ma grande honte je n'ai pas toujours été attentif, est teintée d'un romantisme qu'enveloppe une nostalgie des amours perdues. Il est vrai que la vie n'est pas une poilade sans fin. Merci de nous le rappeler. Je me suis laissé bercer par les cordes. A revoir.
Ensuite. Ensuite, Elegant Tramp avec Fab Lo et Phil Long Dong en toute décontraction aux manches acoustiques. Un set composé de titres que je n'avais jamais entendus et d'autres devenus des classiques. J'ai déjà dit que j'aimais. C'est toujours le cas. A moins que vous vouliez que j'en dise d'avantage, à quoi bon, je n'irai pas plus avant.
Et encore bravo.


Cortez the killer

mercredi 17 mai 2017

North Harbor

Sur toute la ligne

Je lirai entre les lignes de ta main
Comme toujours je te verrai demain
Tu m'écriras entre les lignes de ta vie
Comme toujours tu me donneras envie

Tu m'attendras dans un coin de ciel
Avant que le monde ne s'éveille
Nous disparaîtrons dans nos rêves
Quand la vie sera encore brève

mardi 16 mai 2017

A l'infini

Elle caressait mes émotions
Dans ses yeux brillait la clé de l'évasion
Dans les boucles rouges du temps sa révolution
Comme un tourbillon emportait mes douces illusions

Son cœur à l'infini
Faisait battre mon amour
Elle était l'infini
Son cœur à l'infini
Faisait battre mon amour

Dans les derniers parfums du vent d’alors
Seul le linceul de mon cœur flotte encore
Las comme un amour qui s’endort
Dans la brume s’évanouit son corps

L’aube des flots ternes de la baie de Lisbonne
Dépose l'ombre des saisons monotones
Les chagrins sombres des reflets amers de l’automne
Déversent les pleurs et enfin m’abandonnent

vendredi 12 mai 2017

Un soir au concert

Donc hier soir (on fait comme si on était hier, hein?) j'étais au Trois Pièces. Je n'avais jamais fait attention, mais il y en a davantage. J'y étais pour un concert annoncé de longue date. Deux parties. Jorge P avec Jorge et Artur puis Paul Collins avec Paul Collins. Comme Artur n'en finissait pas de terminer son andouillette, le concert a commencé en retard. En attendant, confortablement installés dans une des pièces, nous avons devisé. De nombreux sujets ont été abordés dont l'andouillette d'Artur, les moulures, les chevaux fiscaux, pendant que Thierry Valette faisait la navette entre l'andouillette et la cave, impatient que les premières notes soient jouées. Après une dernière bouchée, ce fut fait.
Hier soir, j'assistais pour la quatrième fois à un concert de Jorge P, ce qui ,somme toute est peu comparé aux 23 de Robert. Toujours est-il, que chaque prestation est meilleure que la précédente. C'est vrai, meilleure, ça fait un peu confiture mais peu importe. Je sais, d'aucuns vont dire, ouais mais tu n'es pas impartial. Et alors et qu'est-ce que vient faire l'impartialité. J'aime bien m'énerver tout seul. Le duo ne fait qu'un dans une complémentarité dissociée qui permet l'expression, la fantaisie et la prise de risque (je reste à votre disposition pour toute explication). Lorsque Arthur, pour la dernière chanson, s'est saisi de la guitare et en a joué je me suis dit que d'autres voies s'ouvraient devant ce duo, Jorge et Artur 2P.
Puis, Paul Collins. Il y a plusieurs choses que j'aime chez lui. Je comprends son anglais. Pratiquement toutes ses chansons sont courtes et elles ont une histoire qu'il prend plaisir à nous raconter. Je l'avais écouté il y a quelque temps accompagné de jeunes musiciens. J'ai de loin préféré la version acoustique d'hier soir. Les mélodies, la voix, les variations, la modestie, l'envie de partager. Voilà, je ne vais pas en rajouter.
Cette soirée acoustique m'a plus. Pas la peine de gueuler pour entendre.
Un bémol. Depuis un concert des Volfonics où il me fut reproché d'être trop grand, je me place au fond de la salle. Mais hier soir, deux chevelus se dandinant m'ont gâché la vue😃😃.
Et encore bravo.

Dans le bus

Ce matin, j'avais le disque dur un peu mou. Un peu d'envie s'était probablement évaporée. Un début dans le flou. Histoire de recoller à la vie, au train-train, je monte dans le bus. Après un coup d’œil sans objet, je reste debout, adossé à la vitre. Il ne me reste plus qu'à regarder. Après quelques secondes, je jette, avec douceur, mon dévolu sur une jeune fille accompagnée d'un garçon non moins jeune. Il parle. Je ne sais de quoi. Elle le regarde. Ses lèvres s'écartent dans un sourire. Il continue de parler. Elle lui passe une main dans les cheveux. Sa chevelure se gonfle et ondule au passage des doigts qui glisse vers sa nuque. Je regrette d'être chauve. Elle le regarde. Il est dans ses yeux, dans les reflets que la lumière dévoile. Elle s'approche de son visage et l'embrasse. A mots couverts.