lundi 5 décembre 2016

Prêts pour 2017?


Vite fait (trop vite)

En 69 tout était bon
On écoutait Hendrix
On faisait des bons
En se faisant un fix

En route vers Beyrouth
On fonçait vers la déroute
Vive la banqueroute
Et en avant toute

On jardinait tête bêche
En attendant que ça sèche
On s'aimait sans gêne
On s'aimait sans chaîne

Dans la boue en stock
On alignait la coke
Voguant vers l'ailleurs
Dans un nuage de torpeur

Et puis fleurs fanées
Piétinées par les pistols
Restaient que la fumée
Des New York Dolls




dimanche 4 décembre 2016

Ma grand-mère (3)

Dès l'impulsion, j'ai su que c'était le bon. Le bon bond. Effaçant l'obstacle, l'espace d'un instant, c'est du moins le souvenir que j'en ai, je me retrouvais au-dessus de l'édredon. L'instant parfait. Le plaisir d'une première fois. Cette sensation d'être unique, inatteignable, grandiose. Comme la première fois où dans le regard d'une jeune fille pas trop regardante j'avais discerné une lueur de plaisir. J'étais le roi du monde. J'allais toutes les faire hurler. Elles me diraient toutes encore. Je dus pourtant me rendre à l'évidence que cette lueur devait beaucoup au hasard. De nombreuses rencontres se produisirent avant que je ne puisse renouveler ce qui manifestement relevait encore de l'exploit.
C'est ainsi que je finis par retomber au milieu de l'édredon. Je m'y enfonçais profondément. Comme la bouche molle d'un monstre marin à l'affût, les bords se rabattirent pour m’engloutir. Je disparaissais dans l'épaisseur d'un autre univers. De là, je pouvais voir le haut de l'armoire, l'endroit où ma grand-mère rangeait les draps. Ils me faisaient l'effet de n'avoir jamais servi. D'un blanc crémeux, repassés et pliés avec un soin extrême, ils paraissaient tout droit sorti d'une vitrine. Des lingots de textile. Constitués d'arrondis, ils étaient rangés par trois. On les devinait lourds et épais. Je ne pouvais encore que les atteindre des yeux. Je voyais parfois ma grand-mère s'en saisir. Avec soin et comme avec respect, elle glissait une main sous celui se trouvant en haut de la pile et posait l'autre sur le dessus. Elle l'extrayait ensuite de l'armoire. Ainsi plié, il représentait à mes yeux une certaine forme de perfection. C'était toujours avec un léger dépit que je le voyais être déplié, perdre de sa superbe. Recouvrant le matelas, des corps allaient se frotter contre lui, le froisser, le salir. Et je n'avais pas encore découvert tout ce qu'il était possible de faire dans un lit. 

vendredi 2 décembre 2016

En attendant

Hier matin, dans un froid qui me mordait le nez de ses petites dents pointues, je marchais d'un pas alerte, cela m'arrive, vers l'abri bus, toujours lui. J'avais en tête un post d'une amie, post qui mettait en évidence les visions rétrogrades, dégradantes, machistes, phalliques, navrantes et révoltantes de notre société vis à vis, notamment, des femmes et des homosexuels. Comme tout homme conscient de sa condition, je me sentais coupable, car bien conscient moi-même de n'être féministe qu'à temps partiel.
Si l'on s'en réfère à cette affiche, que l'on affiche aux yeux de tous, la femme aime être un objet de désir, aime être violentée, violée; participer à des tournantes mais uniquement avec des hommes jeunes, arborant une musculature arrogante et que l'on suppose bien membrés, avec une grosse bite quoi avec laquelle ils ne pensent qu'à niquer tout ce qui passe à proximité mais avec élégance.
Tout à mes réflexions dans l'attente du bus, je lève les yeux  vers le trottoir d'en face où se trouve l'ater ego de mon abri du matin. Et qu'y vois-je placardée? L'autre face de la femme. Celle qui n'a plus rien à se mettre, celle qui est compulsive, celle qui s'émerveille à la vue d'un petit trop mignon, celle qui est dégoutée d'avoir laissé passer un caraco à moins 50%, celle qui devient hystérique à l'approche des soldes, celle qui s'extasie à la vue de la dernière tenue de Kim Kardashian (oui je la connais). Et là, rassemblant les deux faces de la femme, une évidence angoissante me parvient au cerveau : je ne connais aucune femme. Alors, quels sont ces êtres que je fréquente, à qui je parle, à qui je souris, que j'aime? Elles ne seraient donc pas des femmes?  

 

Oh, le menteur.


"Est-ce que je n’ai pas voté tous les textes qui ont permis l’accès des femmes à l’interruption de grossesse ?"
Bah non.

31 décembre 1982 : remboursement par l’Assurance-maladie
27 janvier 1993 : création du délit d’entrave à l’IVG
4 juillet 2001 : allongement du délai à douze semaines de grossesse
26 janvier 2016 : suppression du délai de réflexion

Il a voté contre ces quatre textes.

mercredi 30 novembre 2016

Dans le bus

Ce matin, dans le noir et le froid, arpentant un trottoir gagné par le blanc de la nuit, je semblais décidé à rejoindre mon lieu de travail. J'avais la vague conscience que j'allais devoir, après une première tentative ratée, relever à nouveau le défi des 39h. Pour tout dire, la semaine précédente, gagné par une volonté de synthèse, je m'étais essayé au concept du 39 dans les 35 qui, comme son nom l'indique, consiste à faire le travail prévu pour 39h en 35h. Ce fut un échec que l'on pourrait qualifier de lamentable. Probablement tétanisé par l'enjeu, je suis péniblement parvenu à un 28 dans les 35. Homme de défi s'il en est, je suis bien décidé à me lancer à nouveau dans l'aventure mais la semaine prochaine, la présente semaine étant consacrée à l'analyse de mon échec. Donc ce matin, avant même les premières lueurs, j'étais dehors. Comme parsemées de cristaux de givre, les étoiles semblaient briller d'une intensité inhabituelle. Plongé au plus profond de mes pensées, je laissai mes jambes se mouvoir en toute autonomie. Elles me conduisirent vers l'abri bus. Et c'est avec d'autres pauvres hères que j'attendis le bus. Comme mus par le désir de partager ne serait-ce que l'air ambiant, nos souffles brumeux se mêlaient dans l'attente commune. L'espace de quelques minutes, nous formâmes une communauté qui se disloqua dès que les portes s'ouvrirent. Je montai dans le véhicule. Une forte affluence me contraignit à rester debout. Je me risquai à un coup d’œil semi-circulaire afin de vérifier si quelqu'un de ma connaissance ne se trouvait pas dans l'assistance. Personne. Je n'aime pas partager les transports en communs avec quelqu'un que je connais. Il faut dire bonjour, parler, faire semblant de s'intéresser. Fatiguant. Et c'est alors que je me laissais gagner par la torpeur que favorise la chaleur des corps contraints à la promiscuité, que je le vis pénétrer dans le bus. Surmonté d'une chevelure tout aussi plaquée que grasse, la tête rentrée dans des épaules timides (oui ça existe des épaules timides), le pas parcimonieux (oui ça existe...), le regard vérifiant l'existence du sol, vêtu de pantalons de survêtement et d'un blouson et se frottant aux autres corps qui se trouvaient entre lui et moi, il s'approcha. Parvenu à ma hauteur, il me tourna le dos pour faire face à la porte. Je découvris alors sa passion, tout le paradoxe apparent de sa passion. Je dois avouer qu'il força mon admiration, une admiration teintée de respect. Ce qui m'amena à me demander si je serais capable de m'exposer au yeux de tous vêtu d'un blouson avec une chatte dans le dos.

lundi 28 novembre 2016

Une fin d'après-midi au concert.

Pas loin d'être à la bourre, c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à la Traverse. Et là, vous vous dites mais pourquoi cet exercice de style qui consiste à commencer par nous relater la fin de l'aventure, ce que les lettrés appellent in ultima res? Pour faire le malin.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, j'errais entre des chouquettes et un verre de cidre au milieu de gens de bonne compagnie. Et comme chacun sait, il n'est pas de bonne compagnie qui ne se quitte. Alors, après un au revoir aussi collectif que chaleureux, d'un pas d'une alerte légèreté je ralliai la place du Boulingrin par les rails. Toujours impatient Jorge m'y attendait dans sa berline aussi spacieuse qu'ostensible. Après un Bon alors qu'est-ce que tu glandes (je blague) je m'installai dans l'habitacle à la décoration de bon goût. Après avoir emprunté les grands boulevards, les quatre voies, les ronds-points, les six voies, autrement appelées autoroutes, les bretelles contournant des ceintures, nous nous retrouvâmes sur le trottoir, à quelques centimètres d'une borne incendie (détail sans intérêt). Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à la Traverse. Entre temps, tout en écoutant North Arbor, nous devisâmes à propos de la programmation d'un prochain festival.
Enfin nous finîmes par faire notre entrée dans la salle. Et là, retour vers le passé, trou d'air dans l'espace spatio-temporel, l'incrédulité s'empare de nos esprits et dieu sait si l'on en est pourvu. Dans les gradins, où que nos regards se posent, que des vieux, que des vieilles et tous n'ayant manifestement pas bénéficié d'un système de conservation de bonne qualité (oui je sais, jamais le physique). Comme me le glissa finement Jorge, on se serait cru à la finale cantonale des chiffres et des lettres. Il ne manquait plus qu'Armand Jamot et Max Favalelli.
Mais rapidement, mon regard fut attiré par l'objet de ma présence en ce lieu. Phil. Phil de sa démarche tout autant chaloupée que sensuelle, arpentait la scène avant de faire vibrer le premier accord. Car, qu'on se le dise, je n'étais là que pour lui, n'avais dieux que pour lui. L'observant attentivement, je remarquai dans son regard une tension et je sus dans l'instant que du haut de son tremplin il n'allait pas nous offrir une triple vrille carpée mais privilégierait son entrée dans l'eau (que de métaphores). Comme le disait Peter Osgood, parfois l'enjeu tue le jeu.

Et puis, en moins de deux le set fut bouclé. Quatre titres. Un LP en live. A peine le temps de ressentir les premières ondes de plaisir et hop on range les manches, on remballe les baguettes. C'est ce qui s'appelle dans un certain milieu (je peux fournir des détails à ceux qui m'en feront la demande) un orgasme ruiné. Alors, allez-vous me demander? Je suis résolument contre la compétition. Jouons par amour, jouons pour l'amour, jouons pour un sourire, jouons pour un frisson, jouons pour le plaisir, jouons de note en note, jouons en accord avec notre âme, jouons pour l'instant, jouons pour le fun (ne serait-ce point là une belle anaphore?)
. Pourquoi ce rejet de la compétition? Parce que, vous en serez tous d'accord, mon Philou n'a rien à prouver.

dimanche 27 novembre 2016

Un matin au cinéma

Non pas un lapin ni un tapin, mais ce matin, sur des chapeaux de roue j'ai pris la direction de l'Omnia. Ne disposant que d'un quart d'heure pour rallier mon fauteuil (je me suis trompé d'horaire), je flirtai avec l'excès de vitesse tout au long de mon périple, interrompu par de nombreux feux passant au rouge à mon approche. Le tout se terminant par une file d'attente conséquente.
Quoi qu'il en soit, je me suis retrouvé devant l'écran 15 secondes avant le début du film.
J'ai toujours, tout petit déjà (je suis souvent tout petit) aimé les films qui racontent la formation d'un groupe. A commencer par l'inégalable, l’inénarrable "The Commitments". Il ne s'agit pas là de comparer l'incomparable mais je n'ai pas peur d'affirmer que "Sing Street" est un bon film du dimanche matin. Dublin pendant les années 80. Duran Duran, A HA, Cure. Un post pubère qui monte un groupe pour tenter de retenir l'attention d'une jeune fille. Un frère aîné qui lui donne des leçons de pop dont je retiendrais deux phrases "Le rock'n roll est un risque" et "Une femme ne peut pas aimer un homme qui écoute Phil Collins" (je n'ai jamais aimé Phil Collins ou il y a très longtemps). Des thèmes sociaux en arrière plan qui ne plombent pas l'ensemble mais qui permettent à l'histoire de ne pas être hors sol. Légèreté, humour, romantisme. Pour conclure, pas trois pattes à un canard mais ce film est bien sur ses deux jambes, l'amour et la musique, les deux s'enlaçant pour un plaisir sans fin. 

samedi 26 novembre 2016

Un matin d'été

Les temps se sont croisés dans les chemins. Le temps passé. Le temps finissant. Le temps courbé. Le temps vibrant. Le temps de l'instant.  Le vent venait de l'horizon. Le ciel éclairait l'écume. La plage recevait les vagues. L'herbe pointait vers la terre. Le sable semblait fuir le rivage.  Il m'avait semblé t'apercevoir. Je ne suis pas allé à ta rencontre. J'ai laissé mes pensées et mon amour te rejoindre.

vendredi 25 novembre 2016

Ma grand-mère (2)

Je n'aurais pas imaginé que des draps puissent avoir une histoire. Mon monde n'existait pas. J'étais le seul à le parcourir. Hésitant et peuplé d'éphémères, il échappait à toute description. J'aurais aimé le raconter, y inviter cette femme qui me prodiguait tant de douceur. Je ressentais parfois cette impression que dans mon regard elle en discernait les contours, peut-être même la profondeur d'où j'aurais pu lui tendre la main. A part mon nounours, les objets demeuraient figés dans leur fonction.
- C'est ma maman qui m'a donné ces draps. Tu ne l'as pas connue.
Je ne pouvais concevoir que ma grand-mère ait eu une mère. Comme si le monde était né avec elle. Comme si l'horizon pouvait être à portée de main. Ceux que j'aimais ne pouvaient qu'être proches.
- Et ma maman, elle m'en donnera des draps?
Elle me regarda en souriant. Sa main me caressa la joue. J'avais déjà remarqué qu'elle ne répondait pas toujours à mes interrogations. Du moins, pas avec des mots.
La première fois que j'avais vu ces draps, ils se trouvaient dans une armoire. Une de ces armoires qui écrasaient l'espace, comme omnipotente et méprisante. Elles semblaient régner. Elles m'intimidaient. La plupart du temps, elles se trouvaient dans une chambre. Dans le prolongement d'un lit surmonté d'un énorme édredon. Sur tout les lits reposait un édredon. Une sorte d'énorme berlingot qui chaque matin, à coup de grosse claque, était remis en forme. Mon édredon (j'aimais chanter "Mon édredon a un gros bedon"), celui qui trônait sur mon lit, était tout à la fois devenu un de mes terrains de jeu et un défi. Chaque soir, pieds nus, après avoir enfilé mon pyjama, je prenais mon élan depuis le bout du couloir. Contrairement à chez moi, chez ma grand-mère il n'était pas interdit de courir. L'objectif était d'arriver au maximum de ma vitesse au pied du lit afin de retomber du plus haut possible sur l'édredon. Ce serait un succès si je parvenais à m'écraser en son milieu. Les premières tentatives furent des échecs parfois douloureux. Mauvaise appréciation des distances, impulsion hésitante, technique de réception approximative. Et puis un soir, tel un Bob Beamon de la literie, je réussis le saut parfait.   

Des fois je me demande

Cher et miséricordieux François, que les choses soient bien claires. Je suis favorable à la sodomie mais je n'aime pas me faire enculer.

jeudi 24 novembre 2016

Des fois je me demande

Allons-nous devoir faire une croix sur la laïcité?

mardi 22 novembre 2016

Ma grand-mère (1)

Je me souviens de mes vacances en Bretagne quand j'étais petit. Vraiment petit. Autant dire tout petit. René Coty était président. C'est dire. Je ne l'ai pas connu personnellement mais je ne crois pas que sa femme ait été chanteuse. Un village de quelques centaines d'âmes était mon lieu de villégiature. Un extrait de ruralité catholique dont les activités étaient rythmées par le son des cloches qui parvenait jusqu'aux hameaux dont personne ne se souvenait de l'existence. L’âpreté terrienne, bénite des prélats se prélassant, régnait sur une immobilité parsemée de renoncements. La messe du dimanche les voyait tous, comme un chapelet de viande rance, entrer un à un dans l'église. C'était encore un temps où le dimanche avait ses habits. Les femmes, à petits pas pressés, surmontées d'une coiffe, comme le signe d'une féminité prédestinée et insatisfaite, laissaient leur robe retenir les regards traversés de regrets. Les hommes, avant de pénétrer dans l'allée, encore traversée du parfum de l'encens de l'office du petit matin, se regroupaient et, les mains dans les poches de costumes étriqués, semblaient se parler. Ce monde m'était étranger, lointain et incompréhensible. Seule ma grand-mère partageait mon monde. Elle me souriait en me disant "t'en fais un sacré gamin". Avec elle, j'occupais une place, j'existais dans cette contrée d'où la tendresse avait fui. Elle n’emmenait parfois au lavoir qui se situait à la sortie du village. Nous y rejoignions d'autres femmes déjà affairées. Cette activité faite d'éclaboussures, de claquements, de frottements, de bouillonnements, d'apostrophes et de confidences, d'éclats et de connivences me laissait coi. Je regardais ces femmes plonger leurs mains dans l'eau, parsemée de bulles, qui peu à peu devenait bleue. Je devinais et enviais leur puissance, celle de leurs gestes, celle de leur envie que prolongeait le ruissellement. Je me souviens de cette fois où ma grand-mère avait transporté des draps jusqu'au lavoir. Ces draps épais et rêches qui traversaient les héritages vous assuraient un gommage des fesses tout au long de l'année. Le tissu d'une blancheur crème imprégnée de secrets flottait sur la surface colorée. Ce jour là, alors que l'après-midi s'achevait dans la fraîcheur, je restais seul au bord du lavoir avec ma grand-mère qui essorait le dernier drap. Profitant peut-être de mon innocente candeur, elle me raconta l'histoire de ces draps.  

lundi 21 novembre 2016

Un soir au concert (2ème partie)

Donc, après avoir bu une bière, encore merci Sam, qui en fait était la deuxième, je suis retourné dans la salle. La deuxième, car à mon corps défendant (tout un programme) j'avais commencé par une Gueuse Mort subite. C'est pas bon. Je l'ai refilée à l'un des boissansoifs présents.
Face à moi Grapes. Leur concert du jour allait s'ajouter à la palanquée d'autres de leurs concerts auxquels j'avais eu le plaisir d'assister. L'intérêt et pourquoi pas l'excitation (avec toute la maîtrise corporelle dont je suis capable) que fait naître la perspective d'une prestation de Grapes fait resurgir ce célèbre vers "ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre". Premiers accords et l'on se dit mais ça je connais. Et puis, subtilité du doigté, feeling du soir, des nuances jusqu'ici inconnues me parviennent jusqu'aux pavillons, surtout un. Et puis (j'écris souvent "et puis") les titres s'enchaînent pour libérer la créativité  (oui, je sais...) ponctués de traits d'humour. Malgré le plaisir ressenti, et comme avait coutume de me le dire une amie toujours insatisfaite, ce fut trop court. Trop court pour se lâcher, trop court pour envoyer, trop court pour renter dedans.
Mais arrêtons de nous plaindre, surtout moi. Avec Grapes je retrouve l'art de la mélodie, les voix comme un coulis de miel poivré sur des morceaux moelleux. Bien qu'ils n'appliquent aucune recette, Grapes se laisse déguster. Un quatre étoiles.
Après le calme de Rouen, ils allaient vivre la tempête du Havre.

Pour des raisons techniques indépendantes de ma volonté, je n'ai pu écouter le troisième groupe.

dimanche 20 novembre 2016

Un soir au concert (1ère partie)



Donc vendredi soir au Hipster Café... Mais avant tout, une mise au point pour que les choses soient claires pour tout un chacun. Jusqu'à il y a peu et ce depuis 68 (j'ai souvent regretté de ne pas avoir patienté 1 an) alors que j'étais un élève de 6ème dans un pensionnat catholique qui écoutait (moi, pas le pensionnat) David McWilliams, Canned Heat,  Brenton Wood, Manfred Mann, je suis un inconditionnel de Robert. Je ne supporte pas que quiconque émette la moindre réserve à son sujet. Et avec le temps, mon horizon s'est élargi, approfondi. Alors, pour paraphraser Jorge, j'ai fait mienne cette assertion "On ne dit pas du mal de Jorge".
Ceci dit, c'était la première fois que je voyais Jorge seul. Seul? Non. Nous avons eu droit à une configuration familiale. Un jeune bassiste de la fratrie Pereira dont il me fut difficile de distinguer le visage, mais nous n'étions pas là pour les minois, accompagnait Jorge.  Le pincé de cordes de notre ami le bassiste, dont je ne connais pas le prénom, m'a surpris. J'ai longuement regardé ses doigts passer d'un accord à l'autre. Peut-être jouait-il de la contrebasse. Tout ça pour dire que j'ai aimé. Dès les premières notes, hop c'était pop. Hop c'était Jorge. Sens de la mélodie. Avec sa simple guitare, pas moyen de se cacher, de se planquer derrière une batterie et d'autres guitares. Dénué de tout artifice, Jorge n'a pas failli. Tout est dit. Vous l'aurez compris, je suis un fan de Jorge.
 A ce titre, si je puis me permettre, le concept du concert avec trois groupes n'est pas adapté. Les artistes, tels Jorge et même Grapes, n'ont pas vraiment le temps de s'installer, de nous faire partager ce qu'ils ont à nous offrir. Une impression.

Puis, je me suis dirigé vers le bar. Je commande une bière. Je m'enquiers ensuite du prix. 4€50 (un peu cher). Je cherche dans ma poche. D'abord sereinement. Je n'en retire que 2€50. Fébrilement j'y replonge mais sans rien y trouver de plus. C'est à ce moment qu'une main se pose sur mon épaule. Je me retourne. Sam. Son regard me désignant le creux de sa main dans lequel se trouve 2€, elle me dit "C'est ça que tu cherches?". C'est ainsi que j'ai pu me désaltérer. Encore merci Sam.

En attendant le soleil


vendredi 18 novembre 2016

mercredi 16 novembre 2016

Tu te souviens

Tu te souviens de la fille d'Istanbul
Elle courait nue dans la foule
Elle ondulait dans la houle
Comme un amour roulé en boule

Tu te souviens de la fille de Kaboul
Avant que les voiles ne déboulent
Avant que les statues ne s'écroulent
Son visage encore te chamboule

Tu te souviens de la fille de Kandar
Jamais, il n'était jamais trop tard
Elle finirait bien par t'aimer tôt ou tard
Votre amour serait alors sans fard

Tu te souviens de la fille d'Ankara
Elle brillait jusqu'au dernier carat
Cet abandon blotti dans tes bras
Avant que ne s'abattent le grand fracas

Tu te souviens de toutes ces filles
Tu as le cœur qui part en vrille
Avant que la haine ne les pille
Tu te souviens de leurs yeux qui brillent





Paradoxe

Bien que sortant de mon lit chaque matin, je ne suis jamais débordé.

mardi 15 novembre 2016